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Le président sénégalais Macky Sall et le conseiller à la Maison Blanche John Podesta durant le sommet Etats-Unis / Afrique à la Maison Blanche à Washington, le 4 août 2014 Jim Watson AFP

Washington - Lutte contre la corruption, protection de la liberté de la presse mais surtout respect de l'alternance politique au sommet de l'Etat: Washington a insisté lundi sur les composantes de la démocratie au premier jour d'un sommet USA-Afrique sans précédent largement centré sur l'économie.

Cinquante pays sont représentés dans la capitale fédérale américaine: 35 présidents, neuf Premiers ministres et un roi, celui du Swaziland, dernière monarchie absolue d'Afrique, ont notamment fait le déplacement pour cette rencontre de trois jours qui débute au moment où le continent fait face à l'épidémie d'Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée.

Tisser des liens économiques plus solides entre les Etats-Unis et l'Afrique, région prometteuse à la croissance supérieure à celle du reste du monde (le FMI table sur 5,8% en 2015): tel est l'objectif central de ce sommet annoncé il y a un an par le président Barack Obama qui voit dans le continent le «prochaine grande +success story+ mondiale».

Mais au premier jour des discussions, le vice-président Joe Biden a d'abord appelé les leaders africains à lutter contre «le cancer de la corruption» tandis que le secrétaire d'Etat américain John Kerry insistait sur la nécessité d'«une société civile forte, le respect pour la démocratie, l'Etat de droit et les droits de l'homme».

Citant l'exemple de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, M. Kerry a affirmé que la plupart des peuples d'Afrique étaient favorables à une limitation à deux mandats pour leurs dirigeants. «Nous presserons les dirigeants de ne pas modifier les constitutions pour leurs bénéfices personnels ou politiques», a-t-il assuré.

Le secrétaire d'Etat s'est cependant gardé de nommer qui que ce soit et n'a pas évoqué ouvertement les cas de la Guinée équatoriale, du Rwanda, de l'Ouganda, de l'Angola ou du Cameroun et de leurs indéboulonnables présidents Teodoro Obiang Nguema, Paul Kagame, Yoweri Museveni, Eduardo dos Santos et Paul Biya, tous invités à Washington.

Dans la matinée, il a rencontré dans la matinée le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila à qui il avait demandé directement, en mai, lors d'une visite à Kinshasa, de respecter la limite à deux mandats imposée par la loi fondamentale congolaise, dans la perspective des élections de 2016.

«Un Etat de droit, c'est aussi le fait que les dirigeants ne gardent pas le pouvoir éternellement», avait martelé il y a quelques jours Barack Obama devant des étudiants africains.

- «Respect de l'appareil judiciaire» -

Sur le dossier sécurité, la menace d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), les attaques répétées de Boko Haram, la guerre civile au Soudan du Sud ou encore les offensives meurtrières des shebab somaliens au Kenya seront immanquablement abordés.

Pour le président des Etats-Unis, l'un des sujets centraux du sommet sera «de trouver les moyens de renforcer les capacités africaines dans les efforts de maintien de la paix et de résolution des conflits».

Avant son départ pour Washington, le président camerounais Paul Biya a souligné que cette rencontre devait être l'occasion de mettre en place, avec le Nigeria, le Niger et le Tchad, une véritable «stratégie régionale» pour lutter contre Boko Haram.

M. Kerry s'est entretenu lundi avec le président burundais Pierre Nkurunziza devant qui il a plaidé pour le «respect de la loi, de l'appareil judiciaire, de l'armée et d'institutions qui protègent les citoyens». Le chef de l'Etat burundais lui a répondu, en français, que son pays était en «post-conflit» et qu'il «savourait aujourd'hui les dividendes de la paix».

La communauté internationale et des organisations des droits de l'homme s'inquiètent depuis plusieurs mois d'une montée des tensions sur fond de violence politique et d'entraves aux libertés au Burundi, à l'approche du scrutin de 2015 dans ce pays des Grands Lacs sorti en 2006 de 13 ans de guerre civile.

Mais c'est une crise sanitaire, celle du virus Ebola, à l'origine de près de 900 morts en Afrique de l'Ouest, qui était dans tous les esprits au lancement de ce sommet. Accaparés par la gestion de la crise, le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma et son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf ont renoncé à venir aux Etats-Unis.

Des contrôles médicaux seront mis en place à l'arrivée sur le sol américain pour les délégués venant de pays affectés, avec un éventuel placement en quarantaine si un individu présente des symptômes de la maladie.

Si M. Obama n'a prévu aucune rencontre bilatérale, un dîner à la Maison Blanche aura lieu mardi soir, à l'issue d'une journée exclusivement consacrée à l'économie.

La prolongation de l'Agoa, le programme américain accordant des avantages commerciaux à certains produits africains, ou encore l'initiative «Power Africa», qui vise à doubler l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne, seront au menu des discussions.

© 2014 AFP 0 contributions . R agissez ?
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