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François Jost est professeur à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et directeur du Laboratoire Communication Information Médias. Il est directeur de la revue Télévision (CNRS éditions). Il est l'auteur de Le culte du banal, de Duchamp à la téléréalité (CNRS, Biblis, 2010) . Il a dirigé un ouvrage collectif Pour une télévision de qualité (Ina Editions, 2014).

Figarovox: Vous avez écrit un livre intitulé: Le culte du banal, de Duchamp à la téléréalité . Quel lien faites-vous entre l'évolution de l'art avec le ready-made et la naissance de la téléréalité? Pourquoi situez-vous la rupture à Duchamp?

François Jost: est le premier artiste qui ne s'est pas contenté de représenter le banal, comme, mettons, Van Gogh avec ses fameux godillots ou Cézanne avec ses pommes, mais qui a tenté de le présenter dans les musées. En prenant un urinoir fabriqué en série, en le baptisant Fountain et en le proposant à l'Exposition des Artistes indépendants à New York, en 1917, il a mis en crise plusieurs institutions: l' uvre d'art elle-même, l'artiste, le musée. Tout à coup, tout cela était désacralisé. Dans la foulée, certains artistes dadaïstes, comme Cravan, ont soutenu que «la peinture, c'est marcher, courir, boire, manger et faire ses besoins». Un peu plus tard, a filmé ses amis en train de manger ou de dormir, notamment dans son film Sleep, qui dure 6 heures Un, romancier comme Pérec a, de son côté, revendiqué de décrire «l'infra-ordinaire». Le banal a donc été l'objet d'un culte tout au long du XXe siècle et, de ce point de vue, la télé-réalité n'a semblé être que le prolongement d'un mouvement beaucoup plus vaste en droite ligne du cinéma de Warhol, qui rêvait de mettre des caméras de surveillance partout. Néanmoins, il y a évidemment avec une grande différence avec tous ces artistes qui vouaient un culte à la banalité: ils visaient à remettre en question la place de l'art, de l'artiste, du musée, de la représentation, etc., alors que les candidats à la demandent juste qu'on voue un culte à leur personne sans avoir de don particulier

La téléréalité, au départ censé mettre en scène des anonymes, a glissé peu à peu vers le vedettariat, la fabrication de célébrités foudroyantes et éphémères. Comment expliquer cette évolution?

Dans les années 90 déjà sont apparus les reality shows, qui communiquaient sur le fait que, pour la première fois de son histoire, la télévision ne reposait plus sur une relation verticale de pouvoir, mais qu'elle laissait la place aux citoyens. Avec la privatisation de TF1 sont apparus alors plusieurs programmes qui faisaient un spectacle de la vie privée de candidats volontaires (L'Amour en danger). La télé-réalité s'inscrit dans ce contexte. La promesse était au départ de montrer dans gens comme nous dans leur vie quotidienne. Mais il est très difficile de s'en tenir à la banalité. Perec le remarquait déjà quand il essayait de décrire un lieu parisien: on a envie de mettre l'accent sur ce qui paraît le moins habituel, le moins régulier

est la version audiovisuelle de cette expérience. De plus, le Pop se caractérise par le fait d'utiliser des emblèmes de la culture populaire (aussi bien des boîtes de soupe que la BD ou des icônes du cinéma). Le programme était une sorte de glorification continuelle des objets du quotidien (au point que les machines à pain présentés dans le loft firent un malheur à Ikea!), mais surtout tout «l'art» de l'émission était de transformer des phrases banales des lofteurs en des en phrases-cultes grâce à la rediffusion de ces moments dans la version quotidienne, ce qui les hissait à la dignité d'archives audiovisuelles.

«On ne peut pas s'empêcher de mettre en rapport deux faits marquants de la société française au début du XXIème siècle: le succès du Loft et la présence de Le Pen au second tour des présidentielles». N'exagérez-vous pas? Quel lien peut-on faire entre l'émergence de la téléréalité et la montée du Front National?

Je ne dis pas qu'il y a un lien de cause à effet. Je dis seulement que c'est un symptôme parmi d'autres. Je m'explique. Loft Story est apparu à un moment où les Français avaient envie de voter, mais où ils ne se sentaient pas représentés par les politiciens (c'est ce que montrent les études politiques). Ceux-ci leur paraissaient loin de leurs préoccupations, dans un microcosme où ils vivaient entre eux (ce sentiment est encore vivace aujourd'hui). Loft Story leur tendait un miroir dans lequel ils voyaient vivre des gens comme eux (supposés comme eux) et, qui plus est, pour qui ils pouvaient voter. Il est très parlant de mettre face à face la multitude des votes payants pour éliminer ou garder des candidats du programme et l'abstention massive des jeunes aux présidentielles de 2002. Comme on sait, cette abstention a permis à Le Pen de devancer Jospin d'un petit nombre de voix. Je ne dis pas que ces jeunes ont voté Le Pen, je dis seulement qu'ils ont assouvi leur besoin de voter avec les candidats de Loft Story. D'autant plus que leur vote était efficace puisqu'ils éliminaient directement ceux qui ne leur plaisaient pas

Le summum du culte de la banalité semble avoir été atteint par le personnage de Nabilla, qui accéda à la célébrité par la phrase «Allo, non mais allo quoi» et qui a désormais sa propre émission «Allo Nabila» sur NRJ 12. Que nous révèle ce personnage de notre époque? En d'autres termes, de quoi est-elle le nom?

Sans doute pas le summum en termes de degré mais le summum en termes quantitatifs. Ce qui est étonnant, c'est la diffusion de cette phrase dans toutes les couches de la société. On a même vu des députés y faire


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