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L'avenir de l' est en marche. Le continent, qui semblait, il y a encore peu, vivre en marge du monde, attire désormais les regards. Les guerres, les coups d'État et les drames s'y font plus rares. Surtout, le business s'active. Selon le , la croissance y sera de 5,2 % en 2014, un chiffre qu'envient bien des États riches. Quatre des dix économies à la croissance la plus rapide sont africaines, tandis qu'une étude classe 11 pays du continent parmi les nouveaux marchés les plus intéressants. Les réserves de ses sous-sols, de ses terres arables et de sa main-d' uvre sont gigantesques. L'économie de ce continent reste certes encore minuscule - un PIB de 2000 milliards de dollars, soit 75 % du français, et à peine plus de 1 % de la production manufacturière -, mais elle frémit. Les puissances se placent pour profiter des aubaines. Le sommet -Afrique n'en est que le dernier exemple.

L'appétit de la Chine

La , qui a monté son sommet dès 2008, . Les échanges sino-africains, qui pesaient à peine 10 milliards de dollars en 2000, sont passés à 100 milliards en 2008, puis à 200 en 2013. Dès 2009, prenait à Washington la place de premier partenaire économique du continent. L'expansion s'est avant tout nourrie de l'appétit de la Chine pour les matières premières, comme le pétrole, le fer, le cuivre ou le bois. Mais dans l'autre sens Pékin a massivement exporté des produits finis bon marché, qui ont ravi les 300 millions de personnes de la nouvelle «classe moyenne africaine». En parallèle, la Chine a montré son intérêt politique en couvrant le continent d'ambassades, tandis que ses dirigeants y multipliaient les visites. En 2013, le chef de l'État chinois, , a effectué une tournée d'une semaine en Afrique, à peine un mois après son accession à la présidence. Mais, derrière cette «» si voyante, d'autres partenaires émergent.

L'autre géant d'Asie, l', accélère son implantation, mettant sur pied, également, son sommet en 2008. Elle aussi cherche à approvisionner sa propre croissance avec des matières premières et des débouchés pour ses usines. Mais, contrairement à Pékin, New Delhi s'appuie sur les vieilles solidarités entre anciennes nations colonisées, et sur son secteur privé, pour augmenter le volume de ses échanges (30 milliards de dollars en 2010). Rien qu'entre 2008 et 2010, les firmes indiennes ont investi 28 milliards de dollars, notamment dans la téléphonie et le domaine pharmaceutique.

En Amérique, le s'est rapproché de l'Afrique, ouvrant plus d'une vingtaine d'ambassades au cours des douze dernières années. Une diplomatie qui épaule l'activisme des entreprises brésiliennes, tiré par les géants du pétrole et du BTP, Petrobas et Odebrecht, et surtout Vale, numéro un mondial du fer. Quant aux États désertiques du Golfe, ils ne sont pas restés insensibles aux terres arables d'Afrique - la moitié des surfaces mondiales - pour assurer son avenir et l'après-pétrole.

Néocolonialisme

C'est sur cette question sensible de la terre que les Africains ont pris conscience de leur nouveau statut de partenaire, enviable mais peu défendu. Ces , de morceaux d'Afrique, ont suscité des levées de boucliers dans la population et l'intelligentsia. Dans la foulée, des critiques ont commencé à naître sur la formidable poussée chinoise, appuyée par un système de prêts généreux mais opaques, et profitant essentiellement à des entreprises chinoises aux méthodes parfois brutales. La présence d'un million de Chinois sur le sol africain suscite des questions. En , où la superpuissance asiatique investit massivement dans le cuivre, le scrutin présidentiel de 2011 a vu l'élection de Michael Sata, au discours très nationaliste. Deux ans plus tard, Lamido Sanusi, alors gouverneur de la banque centrale du , dénonçait dans le Financial Times les méthodes de Pékin, où il voyait «l'essence même du colonialisme». Des appels viennent de tout le continent pour qu'il s'ouvre à des partenaires tels que l' ou la. Depuis, même si ses positions sont loin d'être menacées, la Chine tente d'assouplir ses stratégies.

Ces critiques n'ont pas échappé aux États-Unis. En , a affirmé qu'«il faut mettre un terme à l'exploitation des richesses d'Afrique quand la valeur ajoutée s'échappe ailleurs». Dans la foulée, il annonçait la tenue du sommet de Washington. Dans cette lutte, la France paraît bien timide. Bien des pays d'Afrique, comme le , se plaignent du manque d'entrain des entreprises tricolores. Tout en possédant de solides et réels liens avec ses anciennes colonies, en plus d'une expertise des sommets avec l'Afrique, dont elle fut l'initiatrice dès 1973, elle a vu ses parts de marché sur le continent s'éroder fortement entre 2000 et 2011: de 10 % à 4,7 %.


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