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Philippe Waechter est Directeur de la Recherche Economique chez Natixis Asset Management. Il est également chargé de cours à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, et membre associé du Conseil Economique et Social d'Île-de-France. Il a publié avec Martial You «Subprimes, la faillite mondiale» (Alphée, 2008)

La politique monétaire est l'ensemble des moyens mis en uvre par une banque centrale pour agir sur l'activité économique par la régulation de sa monnaie. Cela passe donc par la définition d'un ou plusieurs objectifs et par celle des instruments qui permettront de les atteindre.

Quels objectifs pour la BCE?

Dans le cas de la (BCE), l'objectif est celui de la stabilité des prix à la consommation. Il a été considéré que cet objectif, s'il était réalisé, permettrait aussi de maitriser les anticipations d'évolution des prix. La BCE a défini cet objectif à 2% (plus précisément au-dessous mais proche de 2%). La stabilité des prix est définie non pas comme un à 0% mais à 2% car il y a forcément des ajustements de prix au sein de l'économie. En outre le taux d'inflation va fluctuer autour de l'objectif et définir un objectif à 0% c'est prendre le risque d'avoir un taux d'inflation négatif ce qui est problématique. La BCE n'a pas d'objectif explicite sur la ni sur la parité de l'euro. La BCE ne peut donc pas agir directement sur la valeur de la vis-à-vis du dollar ou d'autres monnaies.

Cet objectif unique pour la BCE part du constat que trop de volatilité dans l'évolution des prix à la consommation est pénalisant pour la croissance. C'est une des leçons des années 70. La politique budgétaire menée par les différents états constituants la zone Euro doit, elle, agir directement sur l'activité économique. Cette répartition des rôles entre la BCE et les gouvernements a été à l' uvre depuis le début de l'Union Economique et Monétaire en 1999. Cela a plutôt bien fonctionné jusqu'en 2007. De 1999 à 2007 la croissance a été de 2.3% en moyenne et l'inflation de 2.05%.

tant que cela est nécessaire afin de réduire le risque de surchauffe. Inversement lorsque l'activité s'étiole, ou en cas de récession, la politique devient beaucoup plus accommodante pour faciliter la reprise. Au regard des chiffres présentés plus haut cela a plutôt bien fonctionné.

Pourtant, cela ne fonctionne plus aussi bien

Aujourd'hui cependant, la situation apparait beaucoup plus complexe. La BCE a réduit ses taux d'intérêt et pourtant l'activité économique ne repart pas. Le choc subit par la zone Euro a été tel que l'effet de la telle qu'elle était définie avant la crise n'était plus suffisant pour retrouver le chemin de la croissance. Ce n'est pas spécifique à la zone Euro. Aux USA et au Royaume Uni, les banques centrales ont abaissé leurs taux d'intérêt très rapidement au début de la crise. Mais face au constat de l'inefficacité de cette stratégie, elles ont apporté des liquidités supplémentaires (ce qui a été appelé le Quantitative Easing). Cela correspondait à l'idée que les taux d'intérêt ne pouvant passer sous le seuil de 0%, il fallait un autre instrument pour contourner cette contrainte. La BCE n'a pas fait directement de Quantitative Easing car elle ne peut pas acheter de la même manière des obligations d'Etat. En outre l'économie de la zone Euro a un circuit de financement qui passe davantage par les banques que par les marchés. En conséquence, les opérations mises en uvre, notamment depuis la fin de l'année 2011, passent par le biais des banques.

Des mesures nouvelles pour faciliter la reprise et réduire le risque de déflation

doit faire face à ces propres rigidités tout en prenant en compte un environnement changeant dans le reste du monde. La politique monétaire est alors une condition nécessaire mais pas suffisante pour converger vers une trajectoire plus robuste.


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